AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Stay Away • ft. Li Tian

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
MessageSujet: Stay Away • ft. Li Tian   Mar 1 Mai - 0:00

avatar Chen Li Yan
Afficher le profil


. STAY AWAY .


Une tête qui fourmille en continu, diront-ils, qu’est-ce donc ? N’est-il pas possible de freiner le processus, de l’entraver ? « Viens, il faut se changer les idées, il faut les chasser, les déloger »… Foutaises. Trop de fantasmes, d’envies viennent agiter ton esprit pour pouvoir les en expulser. Tu retiens un soupir et souris timidement dans le vide. Que tu haies la salle de classe.
Le printemps vient dehors. Par la fenêtre, tu vois les premières fleurs des cerisiers tomber en une giboulée colorée. Tu les envies un brin, d’ailleurs. Elles volent, voltigent, tourbillonnent – elles sont libres, elles. Et toi, qu’es-tu donc ? Li Yan, une magnifique hirondelle dont les ailes sont paralysées, un oiseau condamné à sautiller misérablement sur la terre ferme… Tu n’écoutes pas le cours, bien sûr. C’est à peine si tu sais pourquoi tu te trouves ici. Fais-tu les bons choix ? Sais-tu ce que tu veux ? Oui, non, peut-être, qui sait ? Le professeur, peut-être ? Allons bon. Tu lui jettes un vague regard avant de repartir dans tes pensées. Cet homme sur lequel bavent la moitié des étudiants de ta classe, ce jeunot qui écrit avec fierté et orgueil deux, trois caractères de mandarin compliqués sur le tableau pour montrer que lui sait le faire ? Non, ce n’est certainement pas lui qui le saurait.
Tu ne l’aimes pas. C’est étrange, d’ailleurs, parce que tu ne le connais pas tant que cela, mais tu ne l’aimes pas. Il te gêne. Il t’agresse. Il ne fait rien pour – pas de gestes, à peine de paroles – mais chaque regard qu’il te lance, chaque pique qu’il adresse à l’ensemble de la classe est une nouvelle attaque. Oh, que tu haies le système scolaire. Tu t’y es enfermée toute seule, pourtant, et de ton plein gré, avec cela. Et tu sais pertinemment pourquoi. Seulement, et cela rentre aussi dans la liste de ces multiples questionnements existentiels faisant vrombir ton esprit volatile : était-ce la bonne décision à prendre ? Etait-ce la bonne voie sur laquelle s’engager ? Personne ne dira non, bien évidemment. Le chemin des études ne peut être que le bon, à en croire les gens. Et pourtant, qu’est-ce que tu haies ce système qui, comme tant d’autres, te force dans une hiérarchie, dans un ordre, dans une note, dans une case. Tu n’as jamais adoré tes professeurs, malgré les apparences ; tu avais pourtant toujours eu de bonnes notes, tu étais pourtant toujours appréciée d’eux. Mais toi, tu as toujours eu une dent contre ces anciens qui t’imposaient leurs théorèmes et leurs axiomes. Et ce professeur-ci n’échappe pas à la règle, loin de là. Tu sens soudainement ses yeux passer sur toi, et tu frissonnes. Tu hésites un temps entre ignorer royalement son regard froid posé sur toi et faire mine d’être absorbée par la feuille blanche vierge posée sur ta table. Ses yeux te quittent. Soulagement.

Parfois, tu te prends à rêver d’être un courant d’air. Invisible, insaisissable, inodore, passe-partout et indomptable. Tu ne serais arrêtée par rien, tu te défilerais de tout. Rien ni personne pour te mettre une quelconque pression, pour te faire grimacer par un simple regard – la plénitude, la liberté. L’extrémité en bois de ton crayon tombe presque en miettes tant tu l’as mâchonnée ces derniers jours. Dehors, les pétales des cerisiers tombent à nouveau, emportés par une nouvelle bourrasque. Tu soupires…
Quand tu réalises enfin que la sonnerie vient de retentir, la plupart de tes camarades ont déjà quitté la salle. Certains d’entre eux t’ont souhaitée bonne chance pour ta soirée de travail à venir à la bibliothèque – l’une t’a même offerte au passage une pâtisserie au miel pour que ton estomac tienne le coup. Tu as saisis à la volée ses mots pour comprendre qu’elle était au régime et ne pouvait se permettre de la manger en plus de son repas de midi. Fort bien. Tu l’as remerciée calmement mais sereinement, avec ce sourire rayonnant qui te caractérise tant, et tu l’as laissée partir. Un silence tiède règne à présent dans la salle de classe. Tes yeux se ferment un instant pour mieux le savourer mais se rouvrent alors que tu sens une vague glaciale à nouveau te traverser. Le professeur Kang est toujours là, à son bureau. Tu es la dernière. Son visage indéchiffrable te fixe pendant que ses mains rangent sa paperasse professorale. Une pointe de panique te gagne ; tu sais que tu ne veux pas spécialement rester en face à face avec lui plus longtemps. Les remontrances vis-à-vis de ta concentration ne sauraient tarder, et tu sais pour en avoir déjà témoigné que ce professeur n’a pas la langue légère. Rapidement, tu enfiles ta veste, et ta main droite jette dans ta besace ton crayon comme tes livres, avant de ramasser les quelques feuilles vierges éparpillées sur ta table et de les plaquer contre ton torse. Tu enfournes de ta main libre la pâtisserie entre tes lèvres, et tu te diriges vers la porte.
Il a évidemment fallu que cet abruti de professeur décide de sortir au même moment que toi. Chtank, choc frontal. Poum, la pâtisserie qui tombe sur le sol. Sliiiish, les feuilles immaculées qui se répandent par terre. Slap, la baffe mentale que tu te mets. Tu contractes le poing, serres les dents tout en pestant intérieurement et te penches pour ramasser le gâteau. Bon à jeter – ce que tu fais. Relevant ton visage vers le sien, tu tentes tant bien que mal de réfréner une grimace pour lui adresser un sourire apologétique. « Je… Désolée, professeur. J’aurais dû faire plus attention, je pensais à autre chose, et… ». Cette classe avec laquelle tu t’embourbes dans tes excuses… Pourtant, tu es loin d’être stupide, et tu es loin d’être impressionnée par lui. Mais, tu ne sais pas pourquoi, son regard te met mal à l’aise. Tu as la sensation qu’il t’agresse à nouveau, silencieusement. Les mots sortent difficilement. Tu baisses le regard et tu réalises que ce sont tes feuilles vierges de toutes notes qui agonisent à terre. Précipitamment, tu les rassembles et les colles à nouveau contre ta poitrine. Pourvu qu’il n’ait rien vu… Il n’a rien vu, n’est-ce pas ? Tu te relèves péniblement et t’avances à nouveau vers la porte, mais son corps t’empêche de passer. « Excusez-moi, professeur, j’ai rendez-vous à la bibliothèque… » Tu déglutis silencieusement, à moitié paniquée, à moitié mortellement frustrée. « … J’ai rendez-vous pour travailler. Enfin, à temps partiel. Dans un quart d’heure. Et… Je ne peux pas être en retard. Si vous pouviez me laisser passer… ». Tu oses lever tes yeux pour les plonger dans les siens. Noirs d’encre. Si noirs qu’on pourrait se demander si la lumière y passe encore…
MessageSujet: Re: Stay Away • ft. Li Tian   Mar 1 Mai - 9:48

avatar Kang Li Tian
Afficher le profil


« On dit qu’il a bientôt la trentaine. »
« Quoi ? Sérieusement ? Mais… il est jeune, comme professeur. »
« Ben, il parait qu’il était bon à l’école. »
« Bon ? Ahah, la blague… »

On dit de toi tellement de choses que tu finis réellement par t’y perdre toi-même. Assis à ton bureau, tu ne cesses de ressasser les derniers cours qui ont eu lieux dans ton esprit. Tu cherches la faille, l’élément que tu aurais pu oublier d’évoquer. Il manque quelque chose à ton script de paroles quand tu t’adresses à tes élèves, mais tu ne saurais dire ce qui te permet de l’affirmer de vive voix. Un soupir s’échappe d’entre tes lèvres et tous tes élèves quittent la salle de cours pour la dixième fois de la journée. Il doit être quatorze ou quinze heures quand tu finis, par toi aussi, prendre l’air avant ton prochain cours de mandarin. La migraine ne te permet d’ailleurs pas de réfléchir. Ça attire plus ta mauvaise humeur qu’autre chose. La mâchoire serrée et le visage crispé, tu te diriges dans la salle où les professeurs ont tendance à se rejoindre pour « papoter » et donner des commérages sur les derniers élèves pittoresques de l’école ou même sur leurs propres collègues. Tu sais qu’on parle de toi. Tu es grand. Tu es brun. Tu as des yeux symétriques et marrons, presque noir, encre. Ta carrure semble être celle d’un sportif. Des professeurs t’on admirés sous la douche, quand tu t’es proposé pour une activité avec des élèves, à l’extérieur de la bâtisse et de ses salles engouffrés d’élèves. Tu en perds ton oxygène à force de partager celui de centaines d’élèves tous aussi ignobles et idiots les uns des autres. Tu n’es certainement pas compatissant de leur pauvre fatigue quand ils se joignent à ta classe et soupirent fortement sans se rendre compte que cela puisse t’exaspérer au plus haut point. Tu déteste tes élèves, généralement. Ce n’est pas contre eux. C’est juste le métier qui provoque cela. Tu te dois presque d’être mesquin et narcissique envers eux, pour les pousser dans leurs limites, en quelque sorte. Tu ne sais pas réellement si cela à une répercussion sur leurs comportements respectifs, mais, tu es sur d’une chose : Il s’agit d’une réelle satisfaction personnelle que tu acquis suite à cela. Il y a cette élève que tu n’arrives décemment pas à supporter. Elle a des cheveux plus longs que ton petit frère, il y a deux ans, quand il refusait que votre mère les lui coupe. Elle a un sourire niais quand elle est avec ses amis. Non pas que tu l’as déjà observé, ce serait contraire au règlement qu’on donne à un professeur. « Tout professeur ne doit pas entretenir de relation intime avec un de ses élèves. » C’est juste qu’au fond, elle est intriguant cette petite ; à te tenir tête autant.

« Oy. Li Tian. T’es pas dans ta classe ? »

Tu ne prêtes même pas attention à ton collègue et passe ton chemin, un sourire aux lèvres. Une brise bouleverse la stabilité de ta chevelure et tu fermes machinalement les yeux pour en respirer la douce odeur. Rares sont les jours où tu profites du temps printanier et de ses douces brises légères et magnifiques. Depuis tout petit, tu as toujours tant apprécié la chaleur du soleil et la douceur des vents de l’ouest. Depuis tout petit, tu as toujours détesté marcher dans la neige et danser sous la pluie. On t’y entrainait toujours, évidemment, mais jamais tu ne souriais comme aujourd’hui. Il fallait le voir pour y croire, mais tu semblais « heureux » en cette journée pourtant si banale. Autrefois, quand tu te baladais dans les ruelles de la Ville Haute avec tes habits de presque haute couture, on te regardait étrangement. Tu t’en fichais royalement. Tu volais avec le vent ; en quelque sorte ; et encore aujourd’hui, tu as cette sensation étrange de premier envol. Tu te sens puissant et fort quand le vent caresse ta chevelure, ton visage. Un soupir satisfait s’échappe d’entre tes lèvres et tu regardes au loin le collègue qui a tenté de t’interpeller. Il semble ronchon, et vexé de ne pas avoir eu de réponse. Venant de toi, ce serait passé comme anormal que tu sois arrêté pour lui adresser un signe de tête et un « sourire » rayonnant. Peut-être qu’aujourd’hui, tu te montreras indulgent avec tes élèves, qui sait, on peut être surpris par tes sauts d’humeurs selon les journées qui passent.

« Wei… WEI ! Sors de ma classe tout de suite, sinon je… »

Tu as crié tout au long du cours pour que tes élèves se calment. Ils n’ont pas suivis une seule des explications que tu leur as énuméré, à croire qu’ils ont pris ce cours pour juste faire les idiots en classe et être au chaud l’hiver dernier. Soupirant, assis sur ta chaise, tu les regardes partir un à un. Ils t’exaspèrent tellement que ta bonne humeur de l’heure dernière à décemment disparue pour une mine effroyablement vexé et crispée. Cependant, du haut de ton bureau, tu distingues cette petite tête aux cheveux longs et noirs. Tu fronces les sourcils et elle s’excuse déjà d’être restée planter là comme une idiote. Tu échappes un léger rire, et tandis qu’elle rassemble ses affaires et se dirige vers la porte, tu t’y postes, l’empêchant de passer. Tu croises les bras sur ta poitrine et la regardes. Tu l’écoutes s’excuser un milliard de fois ; et puis elle t’annonce qu’elle a un rendez-vous, qu’elle ne doit pas le rater, qu’elle doit travailler. Tu échappes un léger rire. Si elle compte travailler la tête dans la lune, autant de ne pas se rendre à son travail à temps partiel. Tu connais assez bien la bibliothécaire et elle lui crierait dessus directement si elle se rendait là-bas en retard, et rêveuse. Ceci dit, tu te sentais d’humeur à la taquiner aujourd’hui. Ton regard transperçant croisait le sien et ne le quittait plus. Jamais encore ce contact n’avait été établi avec une élève, et encore moins avec Li Yan, mais il semblait qu’un frisson parcourait ton échine, te déstabilisant légèrement.

« Erm. Un travail à temps partiel ? Avec la bibliothécaire furie qu’on nous a récolté aux dernières embauches ? Bonne chance petite, il parait qu’elle mord dès qu’on fait une idiotie avec ses précieux livres. »

Tu ne te décales pas. C’est tellement drôle de la voir frustrée et se pincer les lèvres, que tu te penches légèrement vers elle, tes lèvres à quelques centimètres des siennes. Tu ne fais simplement que murmurer, mais c’est assez pour que toi aussi, une étrange sensation te transperce à nouveau. Tu n’y prêtes guère attention et la fixes.

« Et si je ne te laisse pas passer, tu feras quoi… petit bébé ? »

Tu as toujours eu tendance à user d’un humour noir en la présence de tes élèves. Cependant, Li Yan n’est pas juste une élève à tes yeux – c’est une fille incroyable à découvrir, et à déchiffrer. C’est pour cette raison que tu t’attèles à la déconcentrer et là dissiper littéralement. Tes murmures charmeurs se rapprochent de son oreille et tu déposes un léger baiser sur sa tempe, en riant légèrement.

« Je pourrais t’apprendre plus que du mandarin. »

Tu es tellement de mauvaise humeur que tu t’accroches surement à la mauvaise personne. Li Yan est pourtant une jolie fille, attirante, douce, petite… elle a le profil parfait pour ce genre de choses. Il vaut mieux, cependant, y aller tout en douceur, pour conquérir cette enfant… Son regard n’a pas quitté le sien. Tu es légèrement perturbée. Tu te mords la lèvre : la carte de la timidité est lancée.
MessageSujet: Re: Stay Away • ft. Li Tian   Jeu 3 Mai - 23:37

avatar Chen Li Yan
Afficher le profil


Petite fille, sais-tu ce qui t’attend de l’autre côté du miroir ? N’as-tu jamais entendu parler des loups des contes de fée ? Ils ont les yeux alertes allumés d’une lueur malsaine, les crocs aiguisés, et les griffes prêtes à t’arracher la moindre once de chair… Tu as connu cela, pourtant – les ongles d’un homme raclant ta peau, râpant la moindre parcelle d’innocence qui aurait pu subsister en ton corps, en ton esprit. Ses yeux rutilaient d’un plaisir décuplé par la drogue…. Tu le sais, n’est-ce pas ?
Il se tient devant toi, à présent – le Loup sous une nouvelle forme, incarné dans un nouveau corps. Et tu lui fais face, tentant de contenir tant bien que mal les vacillements de ton cœur en ton for intérieur. Ses yeux sont dans les tiens, son rire mesquin dans tes oreilles. Tu aimerais partir, réellement, viscéralement. Il ne s’écarte pas, pourtant. Il t’adresse même la parole – il sait pertinemment bien à quel point la nouvelle bibliothécaire est une vieille bique pointilleuse… et ne te laisse toujours pas passer. Qu’est-ce donc, un jeu ? Qu’il doit s’amuser, ce petit professeur. Mais toi, tu ne rentres pas dans la plaisanterie, non. Tu te contentes de l’observer, ton sourire apologétique greffé aux lèvres et un certain dédain dans ton regard. Tout au fond de toi, tu sens le bouillonnement remonter doucement. Surtout, le contenir. Tu maintiens l’ébullition stable dans la cocotte-minute qui te sert de cœur, en espérant que celle-ci tienne le coup et n’explose pas soudainement.

Il se penche sur toi, et tu ne réalises qu’à présent sa taille. Il est grand. Très grand, même. Et imposant, avec cela. Il a cette envergure au niveau des épaules qui laisse deviner sous sa tenue de sage adulte un corps bien taillé, entretenu avec soin, un torse musclé… Tes yeux, qui s’étaient égarés un temps sur ses pectoraux, remontent précipitamment défier les siens. Qu’est-ce qui te prend donc ? Une petite dizaine de centimètres à peine séparent tes pupilles de ses iris, et un vague malaise envahit doucement tes trippes pendant que ses lèvres frôlent ton visage, pendant que son haleine mentholée envahit tes sinus. Ses mots s’égrènent, uns à uns, dans des tympans, comme autant de billes de plomb balancées dans ton crâne…. Petit bébé ? L’embrasement de ton regard trahit le sourire candide collé sur ton visage. Soit, il a – allez – une bonne dizaine d’années de plus que toi. Soit, il est le professeur instruit et toi l’élève inepte. Justement. Il est professeur de mandarin, il ne pourrait pas afficher cet air supérieur et employer à tout va des mots au hasard, sans aucune conscience de leurs impacts. Son choix n’est pas anodin, si ? Insultant, assurément. Maladroit, certainement pas. Tu ne sais pas ce que tu feras s’il ne te laisse pas sortir maintenant, tout de suite, tout simplement parce que l’idée ne te traverse même pas l’esprit. Tout ce dont tu as conscience, c’est de ce besoin viscéral de quitter la salle de classe pour pouvoir respirer à nouveau, loin de lui – loin de tout.
Il n’a pas l’air d’être prêt à te relâcher, pourtant. Tu ne sais pas si son ling hun est le tigre ou non, mais on dirait presque un félin se délectant du désarroi d’une proie déjà capturée. Sa voix envoutante vient siffler dans ton oreille, à présent. Un baiser vient être déposé sur ta tempe. Ton sourire disparaît. Tu te crispes, tout ton corps se paralyse. Seuls tes yeux silencieusement paniqués et ton imbécile de cœur qui s’est emballé comme une machine détraquée trahissent encore une trace d’activité cérébrale. Oh, non, il n’a pas fait ça… Il ne l’a pas fait. Tu sens une brûlure qui se dissipe avec difficulté là où ses lèvres se sont posées sur ton front. Tu as déjà connu des sensations semblables, il y a six années de cela. Tu ne veux pas t’en souvenir. Tu ne veux pas avoir à revivre cela dans ta petite tête. Pourtant, les images reviennent, comme un film projeté en accéléré contre la paroi de ton crâne. Ses doigts sur tes hanches d’adolescente, sa bouche dans ton cou… Tu déglutis, fermes les paupières quelques instants pour stabiliser le bouillonnement. Sortir, il faut que tu sortes. Mais avant cela, il faut que tu franchisses l’obstacle Professeur Kang.

Toute panique dissimulée, tu le toises, donc. Son visage est si près du sien que tu peux distinguer chacun de ses cils. Un sourire paisible se glisse à nouveau entre tes lèvres, et tu articules avec un dégoût poli : « Je ne crois pas que cela soit dans votre contrat, professeur. » Tu pourrais très bien aller reporter son attitude et ses dires à la direction de l’université. Après tout, il est stipulé dans le règlement que les relations intimes entre professeurs et étudiants sont prohibées. Il pourrait certainement se faire renvoyer pour t’avoir fait de telles avances. Mais tu hésites à le dénoncer directement ou à simplement lui faire pendre au nez la menace… Tes yeux tentent de sonder ses pupilles noires impénétrables. Un soupir s’échappe d’entre tes lèvres. « Vous connaissez la bibliothécaire, donc. Maintenant, si vous voulez bien m’excuser, je dois vraiment y aller. Et je vous prierais de ne pas recommencer ce genre de choses – on ne sait jamais, cela pourrait malencontreusement atterrir chez le directeur… »
Une fois l’avertissement donné, tu saisis son bras de tes mains et l’écarte tant bien que mal pour te faufiler hors de la salle de classe. D’un pas rapide, tu traverses l’une des multiples cours de l’université ; ta besace claque le long de ta cuisse au rythme de tes pas. A chaque choc du cuir de ton sac contre ton corps, tu sens quelque chose se briser au fond de toi, s’effriter doucement. Cela faisait longtemps que les souvenirs de cet incident vieux de six ans n’étaient pas revenus te hanter. Tu t’arrêtes un instant en plein milieu de la cour et lèves la tête vers le ciel. Quelques pétales de cerisiers viennent s’échouer dans ta longue chevelure noire, comme pris dans un filet. Tu souris tristement ; qu’ils y restent. Tu es prisonnière de cet incident de ton passé, prisonnière de cette école et de ses professeurs tyranniques, prisonnière de cette ville stratifiée… Mais tu peux emprisonner les pétales qui volent au vent. Non sans ironie, tu te dis qu’il y a peut-être un semblant de justice, au final, dans ce monde. Sans cesser de ressasser ces pensées, tu te remets en marche vers la bibliothèque. Tu arrives devant le bâtiment et tu cherches dans ta besace ta carte d’étudiante magnétique pour en ouvrir la porte d’entrée. Nulle part. Une vague de frustration te submerge pendant que tu tâtes en toute hâte tes poches. Impossible de remettre la main dessus. Avec un grognement, tu te laisses glisser à terre et t’assieds contre le mur. Tu sais très bien qu’elle est à tous les coups tombée par terre lors de ta collision avec le professeur Kang, mais tu as tout sauf envie de retourner dans la salle de classe la chercher. Sauf qu’en attendant, tu es bloquée là. Dilemme. Frustration, à nouveau. Ta tête tombe entre tes bras et tu te roules en une boule quasi-parfaite. « Bordel, tout ça à cause de cet abruti de professeur… »
MessageSujet: Re: Stay Away • ft. Li Tian   Sam 5 Mai - 14:02

avatar Kang Li Tian
Afficher le profil


Elle te dégoute presque quand ton regard s’arrête sur ses lèvres charnues et son teint pâle. Elles te dégoutent toutes, pas seulement cette pauvre enfant qui te fuit comme la peste deux minutes après des « avances » organisées pour la faire réagir. Molle et silencieuse, elle ne fait que dormir lors de ton cours et ne semble pas s’intéresser à la moindre parole qui s’échappe d’entre tes lèvres lorsque tu expliques quelque chose qui semble intéressant, à tes élèves dissipés. Tel un prédateur, tu as toujours eu tendance à approcher tes proies d’une façon particulière. Tu souris toujours d’une façon spéciale. Tu les fixes le plus souvent, avec un regard spécial. Tout chez toi semble spécial, quand tu es « décidé » de te lancer à la poursuite de « l’amour » ou simplement du « plaisir » de les voir à tes pieds. A peine âgé de tes vingt-neuf ans que tu te vois déjà vieillir. A peine âgé de tes vingt-neuf ans, tu te sens vieillir et redoubles les activités auxquels tu prends gout chaque soir après l’école. Tu n’es pas un mauvais garçon – ta vie fait juste que tu agis comme bon te semble à chaque moment de la journée ; elle fait juste que tu as grandi avec cette envie toujours plus forte d’être puissant et fort face au sexe opposé. Masochiste ? On pourrait le croire, mais tu ne l’est pas, pas le moins du monde d’ailleurs. Tu aimes les femmes, et c’est pour cela que tu passes la plupart de tes soirées en leur compagnie, la plupart de tes week-end dans ton propre lit en leur compagnie. Il se pourrait que tu sois un tombeur de ses dames, mais à quel prix tu t’en soucis… Les femmes sont juste des objets, des pions, pour toi – plus encore, qu’avant que ton ex-petite amie ne te largue pour un riche garçon dont on ne connait pas l’âge et dont le nom est si inconnu qu’il semble que la demoiselle ai disparu de la circulation au moment où elle t’a laissé sur le pas de ta porte, pétrifié sur place, la photo d’un petit garçon dans ta main droite.

« O-y…. »

Tu n’as pas le temps de l’arrêter dans son élan, elle te fuit déjà. A quoi bon la suivre à présent, puisque le jeu n’a à peine commencé comme tu l’aurais désiré. Frustré, tu fronces les sourcils et soupire bruyamment. Cette jeune fille – ou femme, tu ne saurais réellement comment définir cette gamine aux cheveux longs et noirs de jais au regard plus noir que le tien – ne semble pas avoir compris à quel point elle vient de se mettre à dos un professeur, à quel point elle vient d’attiser d’avantage tes envies de la suivre et la taquiner. Il n’est pas courant que tu t’accroches à une élève de la sorte. « S’accrocher », c’est un si grand mot, n’est-ce pas ? Elle est juste mystérieuse, et c’est particulièrement cela qui te pousse à la suivre d’un pas lent, sachant pertinemment où elle se dirigeait d’un pas rapide et fuyant. Un sourire déterminé se dessine sur tes lèvres et tu te rappelles ces fois, où elle aussi, elle te fuyait, où elle te souriait en courant à travers les couloirs de votre ancien lycée. Cela remonte à si longtemps que ton cœur bat encore aussi fort que ce jour-là, que ces années-là. Vous avez grandis et vieillis. Vous avez vécus et connus beaucoup de choses. Vous vous êtes séparés et détestés. Tu la déteste surement aujourd’hui, mais te rappeler toutes ses choses partagées en sa présence alors que maintenant tu « en poursuis une autre », cela ne t’aide pas d’avantage à réduire ta rancœur en sa faveur. Peut-être est-ce même pire que cela. Ton cœur martèle ta cage thoracique. Tes traits se crispent et tu te stoppes en plein milieu du couloir face à la porte de la bibliothèque. Si tu avais su, il était clair que jamais encore tu n’aurais voulu « tomber amoureux » d’une femme comme elle. Si tu avais su, il était clair que jamais tu ne l’aurais aidé face aux filles de ta classe qui ne supportaient pas qu’elle ai des vues sur toi, il y a longtemps. Un soupir s’échappe d’entre tes lèvres quand tu franchis le seuil de la porte magnétique de la bibliothèque. Au départ, tu cherches simplement du regard la silhouette de la jeune femme, mais très vite, le regard froid de la vieille bibliothécaire te rattrape et tu flanches sur le côté comme-ci un éclair t’avait traversé inévitablement. Quelques pas en sa direction, tu cherches la jeune Li Yan du regard sans pour autant la trouver. T’aurait-elle menti pour mieux t’échapper ? Tes lèvres se pincent et ton regard se perd rapidement quand tu t’adresses à la bibliothécaire face à toi.

« Erm. Bonjour. Je voudrais un livre sur les… »
« Pas de ça avec moi, Li Tian. »
« Oy, j’ai fait quoi encore ? »
« Tu ne viens jamais à la bibliothèque. »
« Et je n’ai pas le droit à une première fois, peut-être ? »

Blessé par ce qu’elle avance si rapidement, une moue se dessine sur tes lèvres et tu t’empares d’un livre au hasard sur une étagère à ta droite. Tes cours étant terminés, cela ne te pose aucun problème de t’incruster dans cet endroit lugubre qu’on appelle bibliothèque. Quand tu étais petit, c’était certes ton endroit préféré, mais au fil des années, tu as perdu l’habitude de t’y rendre, n’ayant plus autant le même temps libre et la possibilité d’aimer et pouvoir lire ce que tu désirais. Un sourire s’installe sur tes lèvres quand ton regard parcourt les premières lignes du chapitre un du roman que tu as choisi au hasard. Assis dans un recoin de la bibliothèque, tu te demandes pourquoi elle ne t’est pas encore apparue, cette jolie enfant. Tu te demandes si elle n’a pas vraiment menti pour te fuir. Tu te demandes si tu n’aurais du la laisser partir simplement au lieu de t’avancer directement à l’effrayer. Un soupir s’échappe de tes lèvres dix fois de suite, et la bibliothécaire semble ricaner derrière son comptoir, comme-ci elle savait pertinemment que tu n’avais pas le gout de la lecture. Ce qui est faux, bien entendu, mais ton esprit est bien trop perdu au loin pour pouvoir se consacrer à la lecture d’un livre dont tu n’as rien à faire. A chaque entrée d’une élève aux longs cheveux noirs, ton regard se lève, une lueur magique au fin fond de tes prunelles, mais jamais elle ne t’apparait. Frustré, tu refermes d’un geste le livre entre tes mains et retourne près de l’étagère où tu t’es emparé de lui. Quand tu sors de la bibliothèque, un reniflement à peine audible parvient jusqu’à toi et, tournant simultanément le regard vers la silhouette au sol, tu l’aperçois enfin. Elle se cachait, la petite…

« Je n’avais aucune envie de t’effrayer, pardonne moi… »

Tu te mords la lèvre. C’est bien rare que tu t’excuses pour quoi que ce soit. C’est encore plus rare que tu t’accroupisses face à une jeune fille apeurée, pour poser ta main sur son genou et l’autre sur son épaule, histoire de la rassurer – histoire de faire meilleure figure que à ta première approche.

« Je voulais juste « jouer le professeur » disons… C’pas… C’pas la meilleure solution pour encourager son élève, ne ? »

Elle va te repousser encore, tu le sais. Ton changement d’humeur est si troublant que tu pourrais passer pour un malade mental si il n’était pas normal qu’un homme qui vient de se faire larguer depuis trois mois et trois semaines, ne s’énerve pas pour rien contre ses élèves, ne joue pas les dragueurs toutes les cinq minutes, et ne soit pas totalement perdue quand finalement, un visage l’attire.

« Il ne faudrait pas que tu pleures… Tu dois pas être jolie quand tu pleures. »

Ultime sourire. T’es vraiment le pire des professeurs qu’on pourrait avoir au final. Trop parfait, trop méchant, trop souriant.
MessageSujet: Re: Stay Away • ft. Li Tian   

Contenu sponsorisé ▲
Afficher le profil


 

Stay Away • ft. Li Tian

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
XI WANG 希望 :: 大众 VILLE MOYENNE :: UNIVERSITE SHU GUAN 【大学】-